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Après mon article précédent intitulé « Mémoire de fin d’étude: Comment trouver une bonne problématique et éviter quelques embûches« , j’ai reçu plusieurs MP qui traitaient de deux points précis : comment collecter les informations, et comment rédiger une bonne introduction.

Sur le plan de la collecte d’informations, vous pouvez vous inspirer d’un article que j’ai mis en ligne il y a peu : « Comment trouver les bonnes informations pour construire une analyse stratégique performante?« . J’y traite de la collecte d’informations dans le cadre d’une analyse stratégique, mais c’est tout à fait applicable dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude, ou d’une activité de veille stratégique. Les techniques que j’y présente sont réplicables dans le cadre d’autres objectifs.

La question de l’introduction quant à elle est un sujet sensible. Dans mon article précédent, j’écris : « L’introduction doit être nerveuse ; c’est la dernière chose que vous écrivez. Donc oui, vous terminez par l’introduction, elle sera meilleure. » C’est un point très important.

L’introduction est le moment où vous envoyez au lecteur plusieurs signaux. Globalement, à la fin de l’introduction, le lecteur doit se dire que la problématique est bonne, que le raisonnement est logique, et que le travail est de qualité. Vous savez déjà construire une bonne problématique ; celle-ci comportant un objet théorique, un objet empirique et un objet méthodologique, vous envoyez déjà plusieurs signaux de qualité à votre lecteur. Mais comment bien amener la problématique, et montrer que vous la traitez intelligemment?

Voici la structure de mon introduction « tout terrain »

Pour illustrer la méthode, je vais construire une introduction avec la problématique suivante: « Quel est l’effet de l’innovation technologique sur la performance des start-up du secteur de la santé en Bretagne en 2015 ? »

L’introduction est composée de 4 paragraphes, sur 2 à 3 pages maximum :

1- Le contexte

Ce premier paragraphe a pour objectif d’envoyer un signal simple au lecteur : ce que vous allez lire est intéressant ! Donc, vous commencez votre introduction en expliquant pourquoi le phénomène traité fait sens et mérite d’être analysé. Le contexte peu être le fruit d’une observation ou alors provenir d’une contradiction entre deux études que vous avez lues. Les origines de ce contexte sont multiples, mais vous devez montrer au lecteur que ce contexte, précis, mérite d’être analysé. Peut-être avez-vous identifié un paradoxe? Peut-être avez-vous observé quelque chose contradictoire avec plusieurs études que vous avez lues?

Exemple:

Dans le cadre de la problématique exemple (« Quel est l’effet de l’innovation technologique sur la performance des start-up du secteur de la santé en Bretagne en 2015 ?« ), vous commencez par expliquer ce qu’il se passe : en Bretagne, il y a de très nombreuses start-up technologiques. Parmi ces nombreuses start-up technologiques, plusieurs se sont positionnées sur le secteur de la santé. Le secteur est très dynamique et en forte croissance, et ces start-up sont justement très innovantes. Cependant, les taux de survie des entreprises, et les niveaux de performances, sont très hétérogènes malgré une stratégie d’innovation technologique soutenue. Ceci représente un relief par rapport à plusieurs études publiées récemment (INSEE ou DGE par exemple).

En décrivant le contexte que j’esquisse ici, vous posez les bases de votre problématique.

2- La problématique

Ce deuxième paragraphe envoie le signal suivant au lecteur : comme le contexte est intéressant, il mérite d’être investigué au regard des compétences acquises durant votre cursus en posant une question intelligente. La problématique est la dernière phrase de ce paragraphe.

Exemple :

L’innovation technologique qui est poursuivie par la plupart des entreprises de ce secteur aboutissent à des résultats très variés. Certaines entreprises croissent rapidement, d’autres ont des niveaux de performance considérables. Mais pour certaines entreprises, même très innovantes, le résultat est plus mitigé. L’innovation technologique ne conduit donc pas systématiquement à la sur-performance. Les questions se posent en terme de volumes d’investissement, de périodes de latence entre investissements, de coût, de périmètre des activité, de tours de table, de seuils de rentabilité, … Ceci conduit donc à poser la question suivante : « Quel est l’effet de l’innovation technologique sur la performance des start-up du secteur de la santé en Bretagne en 2015 ? »

 

3- La méthode

Vous avez un contexte intéressant ; vous avez posé une question pertinente ; maintenant vous expliquez comment vous allez traiter la question intelligemment posée en utilisant une méthode intelligente. Vous expliquez le choix de la méthode, ce qu’elle implique et vous présentez les données utilisées. La dernière phrase de ce paragraphe est fondamentale : vous formulez en une phrase le principal résultat de votre mémoire ! Cette phrase, c’est l’appetizer. Elle vous permet d’envoyer au lecteur le signal qu’il ne perd pas son temps à vous lire : le contexte est intéressant, la question est intelligente, et le mémoire ne tourne pas à vide : il va produire un résultat.

Exemple :

Sur ce point, cela doit être vu avec votre superviseur et être en adéquation avec les standards de votre école. Pour la problématique exemple : « Quel est l’effet de l’innovation technologique sur la performance des start-up du secteur de la santé en Bretagne en 2015 ?« , je recommanderais quelques entretiens qualitatifs exploratoires, pour cerner le sujet, puis une étude quantitative : élaboration de questionnaires, puis administration des questionnaires, statistiques descriptives puis régressions. Ce paragraphe vous permet d’expliquer la méthode employée, comment vous l’avez déployée, la taille de l’échantillon, les entreprises étudiées, les variables analysées, … Vous décrivez tout, et vous montrez donc l’ampleur de votre travail. Puis vous finissez avec votre principal résultat.

4- Annonce de plan nerveuse

Le dernier paragraphe, c’est l’annonce de plan. Vous décrivez la structure de votre mémoire de manière dynamique.

Si l’introduction est structurée ainsi, en 2 à 3 pages, c’est pour permettre au lecteur de comprendre tout de suite que vous avez fait un bon travail, et que le raisonnement que vous suivez est logique. En lui envoyant ainsi les bons signaux, il sera dans le bon état d’esprit pour lire votre mémoire.

 

Je vous recommande bien entendu de suivre avec le plus de rigueur possible les recommandations de votre institution quant à la rédaction de votre mémoire. Mais, de manière complémentaire, ce type d’introduction « tout terrain » fonctionne : elle est claire, précise, met en valeur la problématique, montre la logique de votre raisonnement.

Bonne chance !

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